Voici un article transmis par Martial Guilhou, formateur et créateur du site www.martialexperience.com :
Lors d’un séjour de jeûne auquel j’ai participé, j’ai eu la chance d’entendre une histoire racontée par Sonia Pasqualetto qui expliquait la différence Sauveur VS sauveteur. Une histoire simple et pleine de sagesse, … mais tout d’abord je t’amène aux origines …
Pour bien comprendre la dynamique du « sauveur », il est essentiel de revenir au célèbre triangle dramatique de Karpman. Ce modèle, issu de l’analyse transactionnelle, décrit trois rôles principaux que nous pouvons adopter dans celle-ci: la Victime, le Persécuteur et le Sauveur.
- La Victime incarne la détresse, l’insatisfaction et un sentiment d’infériorité, attirant ainsi des situations de persécution tout en refusant de reconnaître sa part de responsabilité. Elle cherche à attirer l’attention, notamment celle du sauveur, pour obtenir de la compassion, sans faire d’efforts pour changer sa situation. Dans l’analyse transactionnelle, ce rôle correspond à l’Enfant Adapté Soumis Négatif, caractérisé par la dépendance aux autres et la tendance à se plaindre.
- Le Persécuteur, également désigné comme le bourreau, cherche à dominer ou à dévaloriser la victime, exprimant ainsi ses pulsions agressives. Il impose des règles strictes et, à la moindre entorse, profère des remarques dénigrantes. Cette attitude lui permet de s’affirmer face aux autres, souvent dans un but intéressé et pour son propre profit. Dans le cadre de l’analyse transactionnelle, le persécuteur est associé au parent normatif négatif, caractérisé par une critique excessive. Il est important de noter que le rôle de persécuteur peut être incarné non seulement par une personne, mais aussi par un élément externe, tel qu’une maladie, qui contribue à placer la victime dans cette position.
J’en étais donc à …une histoire simple et pleine de sagesse, qui illustre à merveille la différence cruciale entre être un « sauveur » et un « sauveteur ». Pour bien comprendre cette nuance, imaginez cette scène :
Le sauveur voit quelqu’un se noyer et sans réfléchir, il se jette à l’eau. L’urgence le pousse à agir, ses intentions sont pures et son cœur est grand. Mais une fois arrivé près de la personne en détresse, tout se complique. La victime, paniquée, se débat. Elle frappe, s’agrippe désespérément, n’écoute rien. Très vite, la situation devient périlleuse pour les deux. Le sauveur, désormais épuisé, risque à son tour de couler.
Ce scénario, bien que dramatique, reflète une réalité bien plus large que celle du simple sauvetage en mer. Nous pouvons tous, à un moment ou un autre, nous retrouver dans ce rôle du sauveur qui se précipite, motivé par l’envie d’aider mais parfois au détriment de notre propre sécurité.
Maintenant, visualisons une autre scène. Pour ceux de ma génération, replongeons-nous dans le générique mythique d' »Alerte à Malibu ». Pamela Anderson, physique généreux, cheveux dans le vent, court au ralenti sur la plage. La musique des années 1990 en fond, et surtout… une bouée à la main (pour d’autres, vous pouvez visualiser David Hasselhoff si vous préférez…;-) ).
Mais ce n’est pas juste pour le style. Pamela, en véritable sauveteur professionnel, n’arrive jamais sans …bouée.
Quand elle intervient, la première chose qu’elle fait, c’est de lancer sa bouée à la personne en difficulté. Pourquoi ?
Lorsque le sauveteur lance la bouée, il laisse à la personne en détresse le choix de s’y accrocher ou non. Cela change tout. L’acte de se saisir de la bouée est un engagement, un premier pas vers le sauvetage. La victime devient ainsi actrice de son propre secours. Elle choisit d’accepter l’aide, sans être forcée ou étouffée par une surprotection.
Pourquoi cela aide vraiment ?
En réalité, permettre à la personne en difficulté de faire ce choix, c’est lui redonner du pouvoir sur sa propre situation. C’est aussi éviter de tomber dans la dynamique du sauveur qui fait tout à la place de l’autre. En s’accrochant à la bouée, la victime engage son énergie et sa volonté dans son propre sauvetage. Ce geste concret renforce l’estime de soi et donne un véritable élan vers la sortie de la crise. C’est comme lui rappeler qu’elle sait nager, même si elle l’avait oublié pendant un instant de panique.
En tant que sauveteur, mon but est de secourir cette personne, mais pas de mourir dans le processus.
La bouée crée une distance physique mais aussi émotionnelle. Elle permet au sauveteur de garder les pieds sur terre, de ne pas se laisser entraîner par la panique de l’autre. Parce qu’on va être honnête, personne n’a envie de finir comme dans un mauvais remake de Titanic.
La bouée joue un rôle essentiel dans l’intervention. Elle devient un accessoire indispensable, à part entière. Ce n’est pas juste moi qui ai « sauvé » cette personne. La bouée, cet outil neutre, permet d’éviter de tomber dans le piège de l’ego du sauveur.
L’histoire ne devient pas « regardez comme je suis formidable d’avoir sauvé cette personne », mais plutôt « j’ai utilisé les bons outils pour permettre à cette personne de se sauver elle-même ».
Lorsque tu prends conscience de cette différence, tu peux mieux gérer tes relations et éviter de te noyer dans les problèmes des autres. Cela te permet de garder ton énergie, de respecter les limites de chacun et d’encourager l’autonomie. En tant que thérapeute, coach ou même simple ami, savoir quand lancer la bouée plutôt que de te jeter à l’eau est un atout précieux.
Sonia Pasqualetto n’est pas seulement une conteuse talentueuse mais aussi une professionnelle de l’accompagnement.
Sonia Pasqualetto partage ses enseignements dont la philosophie hawaïenne Ho’oponopono ainsi que plusieurs autres voies qui s’y rattachent
Si cette histoire t’a parlé, tu peux en découvrir davantage sur Sonia Pasqualetto en visitant son Facebook. Ses interventions sont toujours empreintes de bienveillance, de générosité et d’une belle énergie.
Être un bon sauveteur, c’est apprendre à jeter la bouée au bon moment, à offrir une aide précieuse sans se perdre soi-même. C’est comprendre que parfois, la meilleure aide que l’on puisse offrir à quelqu’un, c’est de lui permettre de reprendre pied par lui-même.
Alors, la prochaine fois que tu sentiras l’appel du sauveur en toi, demande-toi : ai-je ma bouée à portée de main ?